Vous êtes intéressé(e)s pour apprendre l’art du vitrail, mais vous ne savez pas quelles sont les différentes techniques pour concevoir un vitrail ? Dans cette article, idéOverre vous explique les 3 différentes techniques pour fabriquer un vitrail : plomb, Tiffany et fusing.

Définition de : vitrail

Le vitrail est un tableau composé de morceaux de verre plats, imbriqués les uns les autres de manière à créer une forme figurative ou bien abstraite. Ces morceaux de verre sont bien souvent colorés et translucides dans le but d’illuminer le vitrail avec une lumière naturelle (ou artificielle) et réaliser des jeux de lumières colorées.

Le vitrail peut être encastré, accroché sur un mur ou posé sur une table.

Le vitrail est apparu durant le Moyen-Âge, c’était un art sacré réservé aux bâtisseurs de cathédrales. Ainsi, cet art ne date pas d’aujourd’hui et maintenant la définition du vitrail laisse place à une grande variété d’œuvres d’art, en fonction des couleurs, formes et motifs choisis, mais aussi par la technique utilisée. En effet il y a différentes techniques pour réaliser un vitrail : le vitrail au plomb, la technique Tiffany ou le fusing (verre fondu).

Les 3 techniques : Plomb, Tiffany, fusing

La première étape de l’élaboration d’un vitrail est similaire pour ces 3 différentes techniques.

Un début similaire

Tout d’abord, la conception d’un vitrail doit être réfléchie à l’avance :

  • Quel est le design que j’aimerais concevoir ?
  • Quelles seront les couleurs utilisées ?
  • Quelle est son dessein ?

Car pour ces 3 techniques, les pièces de verres doivent s’ajuster entre elles tel un puzzle. Pour cela, un dessin-maquette est d’abord réalisé en grandeur réelle. La maquette permet de se faire une idée du futur vitrail (taille et coloris), permettant de corriger l’idée de départ éventuellement. Cette maquette est ensuite dupliquée en matière souple, papier cartonné par exemple, afin de réaliser autant de gabarits que de pièces à découper.

Particularité pour les techniques Plomb et Tiffany
Dans le cas des vitraux avec nervure plombée et Tiffany, la découpe des gabarits présente une spécificité car il faut prévoir l’espace entre les morceaux de verres pour insérer soit les nervures de plomb (Plomb), les rubans de cuivre (méthode Tiffany).

Dans le process de fusing, les gabarits n’ont aucun espace entre eux, car la tenue des pièces ensemble se fait par la fusion des bords de pièces.

Une fois les gabarits découpés, on les positionne un par un sur la plaque de verre afin de les contourner au marqueur fin. La découpe du morceau de verre se fait à l’aide d’un coupe-verre de vitrier, en incisant le verre selon le contour des gabarits. Le cas échéant, et pour que les contours des morceaux de verre s’ajustent bien, il faut les meuler (polissage d’une pièce).

Une fois que les pièces de verre sont bien coupées, les procédés diffèrent nettement, selon la technique de vitrail utilisée (plomb, Tiffany, fusing).

Les différences entre les 3 techniques de vitrail

Vitrail au plomb (technique traditionnelle)

Cette technique, la plus traditionnelle, date du Moyen-Âge.

Après avoir meulé toutes les pièces de verres, il reste 4 étapes :

  1. Insérer les pièces dans les baguettes de plomb en forme de H (ou en U pour les bords extérieurs), toujours en respectant le dessin-maquette, lui-même positionné sur une planche en bois. Des clous sont fixés sur la planche en bois et maintiennent les verres dans les baguettes.
  1. Les croisements de chaque baguette de plomb sont soudés à l’étain.
  1. Pour rendre le vitrail étanche et solide, il faut le « mastiquer », c’est-à-dire insérer entre les morceaux de verre et les plombs du mastic liquide. Le mastic est un produit fabriqué à base d’huile de lin de siccatif et de blanc de Meudon.
  1. Après le masticage, on peut nettoyer le vitrail en utilisant de la sciure et une brosse à chiendent.

Pour en savoir plus, voici une video qui vous permet de comprendre davantage les différentes étapes de fabrication d’un vitrail (avec la technique au Plomb) :

La technique du vitrail Tiffany

Vitrail Technique Tiffany
Technique Tiffany

La technique du Tiffany, est légèrement différente de la technique du vitrail au plomb, elle a été créée par un américain nommé Louis Comfort Tiffany dans les années 1870. C’est la technique la plus utilisée de nos jours.

Après avoir meuler chaque pièce, il y a 4 grandes étapes :

  1. La technique du sertissage, cela consiste à entourer les pièces de verre d’un ruban de cuivre adhésif et d’en rabattre les bords sur les verres.
  1. Comme pour la technique du Plomb, les pièces sont maintenues entre elles par des clous, sur le dessin-maquette lui même positionné sur une planche en bois.
  1. Pour braser (souder) les morceaux de verre avec du fil d’étain, il vous faut un fer à souder. Cet instrument va chauffer et faire fondre l’étain sur les rubans de cuivre et va se répandre dans tous les petits interstices résiduels, permettant la tenue des pièces de verre entre elles. Après le refroidissement des soudures à l’étain, il faut retourner l’ensemble délicatement afin de souder les jointures de l’autre face.
  1. L’étain restera argenté mais il est possible de le patiner (c’est-à-dire vieillir artificiellement le matériau) en noir ou cuivre.

La technique Tiffany permet d’assembler des petits morceaux de verre et même de créer des sculptures de verre.

Afin d’y voir plus clair sur cette technique, cette vidéo détaille bien toutes les étapes !

Vitrail en Fusing ou verre fondu

Vitrail panier de fruits
La fusion ou fusing, selon la terminologie anglo-saxonne

A l’origine, le fusing serait apparu il y a 3 500 ans en Egypte antique : les artisans produisait alors des bijoux, perles, bouteilles, bols et vases. Mais au début du christianisme, le fusing fut délaissé et remplacé par la technique du verre soufflé. Ce n’est qu’à partir du 20e siècle, que le verre fondu est redevenu tendance dans le monde entier.

Avec cette technique les morceaux de verre ne sont pas reliés par un autre matériau, mais sont positionnés côte à côte et/ou superposés. Après meulage éventuel des pièces, celles-ci sont collées à froid sur une grande plaque de verre généralement transparente, dans le but de réaliser un dessin, figuratif ou non. En effet, dans la chaleur du four aux alentours de 800°C, les pièces de verres vont fusionner.

Attention, le verre fondu est capricieux, il faut prendre beaucoup de précautions !

  • Les verres doivent être impérativement compatibles, c’est-à-dire qu’ils doivent avoir le même coefficient de dilatation, sinon le vitrail se fissurera. Ainsi un verre de type Float est compatible avec un autre verre Float, mais pas avec un verre Bullseye.
  • La température du four en fonction du temps est importante, elle fonctionne par paliers. Celle-ci doit respecter une courbe de cuisson minutieuse en fonction : de la nature du verre, de la surface de la pièce à réaliser, mais surtout de son épaisseur. Si la température augmente trop vite ou trop haut, le verre est susceptible de se fissurer.
  • Afin d’éviter que le verre ne colle à son support, il ne faut pas oublier d’utiliser un séparateur sous la pièce à réaliser, que le support soit la sole du four ou un moule de thermoformage. Il existe plusieurs type de séparateurs, selon ce que l’on veut faire : liquide, poudre, papier, feutre.
Le thermoformage
plats dans le four

Une des techniques complémentaires du fusing est le thermoformage. Cela consiste à transformer un vitrail (plat) en une forme particulière.

Après avoir fait cuire et refroidir une première fois le vitrail, vous pouvez le remettre dans le four sur un moule à la forme que vous désirez. La courbe de cuisson sera différente de celle pratiquée pour la fusion, notamment car le thermoformage ne nécessite pas des températures aussi élevées que la fusion. Le four chauffera donc aux alentours de 700°C, impliquant une courbe de cuisson moins longue.

De manière générale, le thermoformage peut se réaliser sur n’importe quelle matière supportant de hautes températures, entre 900 et 1000°C. Dans l’atelier idéOverre, nous utilisons de la fibre céramique en plaque ou feutrine, des moules en inox, mais aussi depuis peu des moules en terre cuite, que nous fabriquons nous-mêmes !

Après cette seconde cuisson, les réalisations vont prendre du volume !

Maintenant, vous connaissez les différentes techniques du vitrail sur le bout des doigts !

Si cet article vous a donné envie de fabriquer des vitraux (ou même des bijoux en verre), idéOverre organise des initiations au fusing !

One Comment on “Quelles sont les différentes techniques du vitrail ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :